

Un record de France défie le temps et les différents assauts contre lui depuis 50 ans. Et plus extraordinaire, son détenteur n’avait débuté l’athlétisme que deux ans auparavant ! Certes il s’agit d’un record junior, mais Bruno Cherrier n’en resta pas là, en dépit d’une carrière écourtée par les blessures.
Remontons d’abord à 1970 où à seize ans, il ne franchit pas les séries du 100 m des championnats régionaux. Licencié à l’AAJ Blois, il va vite progresser et en 1971, passé dans les rangs des juniors, les progrès sont considérables au point de devenir vice-champion de France de cette catégorie en 21’’2 sur 200 m. Il découvre alors l’équipe de France et s’impose sur sa distance fétiche, à la fois face aux jeunes Italiens à Bergame puis Suisses à Berne, intégrant le relais 4 x 100 m au passage. Les prochains Jeux Olympiques ont lieu dans un an et cela peut lui paraître loin mais ce sont bien ses résultats de la saison 1972 qui vont l’envoyer vers Munich.
Il devient en effet champion de France junior sur 100, découvre la sélection A contre la Grande-Bretagne puis la Pologne où il réalise un excellent 20’’9, alors que le record junior appartient à Roger Bambuck en 20’’7 depuis 1964, chrono égalé une semaine avant par Lucien Sainte-Rose, né aussi en 1953 comme Cherrier. Les deux ont déjà pris leurs marques chez les seniors lors des championnats nationaux fin juillet, le Blésois prenant le bronze sur 200 m, tandis que le Martiniquais a terminé cinquième.
Faisant confiance à leur jeunesse, Robert Bobin les emmène à Munich, et Cherrier va fêter ses dix-neuf ans le 31 août, jour du début du programme d’athlétisme. Ils entrent en compétition le 03 septembre et passent les qualifications du 200 m sans problème en 21’’09 pour Sainte-Rose mais surtout 20’’79 pour Cherrier à une époque où on n’homologue pas encore les records aux centièmes. Tout s’accélère l’après-midi en quart-de-finale, 20’’76 pour Lucien et 20’’62 pour Bruno ! Jamais un junior européen n’a couru aussi vite sur le demi-tour de piste !
Ils rentreront dans le rang en demi-finale mais le chrono de Cherrier, à 20’’6 en manuel va bien devenir le record de France junior et lors de la prise en compte des chronos électriques à partir de 1976, les 20’’62 seront homologués. Cherrier intégrera même le relais 4 x 100 m en demi-finale pour une brillante victoire puis en finale où il prendra le témoin du dernier parcours des mains de Gérard Fenouil, encadré par deux monuments de l’athlétisme, le Russe Valery Borzov et l’Italien Pietro Mennea. Deux ans plus tard, avec Sainte-Rose mais aussi avec Joseph Arame et Dominique Chauvelot, ils deviendront champions d’Europe du 4 x 100 m à Rome. Mais le record du 200 m junior tient toujours et de Pascal Barré à Sasha Zhoya, en passant par Ladji Doucouré, Christophe Lemaître et tant d’autres, ils sont nombreux à s’y être cassés les pointes (crédit photo : Miroir de l’Athlétisme).
Les prestations internationales de Bruno Cherrier

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