

Un relais français féminin, à la une du plus grand quotidien sportif national pour un record du monde, voilà qui n’est pas si courant ! Cet exploit a été réalisé il y a tout juste 80 ans à Paris au stade Jean Bouin, le 3 octobre 1943. Le clou de la réunion doit être le challenge du kilomètre, justement sous le patronage de l’Auto mais, tout comme de nombreuses épreuves ce jour-là, il va souffrir de l’absence de plusieurs engagés, notamment Marcel Hansenne vainqueur en 1939 et 1942, et Jules Ladoumègue, lui aussi au palmarès de cette épreuve en 1930, qui a fait son retour sur les pistes début juin, près de douze ans après sa radiation. Le premier ne souhaite pas courir de séries et le second souffre d’une furonculose ! Pujazon va s’imposer mais on attend aussi avec intérêt le relais 3 x 800 féminin où une tentative de record du monde est annoncée.
La course va clore la réunion à 18 h 30 et c’est bien la meilleure marque mondiale qui est visée, soit les 7’22’’6 de Thérèse Lucas, Germaine Vincent et Hélène Fize, établis à Monaco le 16 juillet 1939. Pour battre le record du monde, il faut bien améliorer le record de France. Cela semble parfaitement dans les cordes du trio français, composé du podium des derniers championnats de France, Paulette Delépine s’étant imposée en 2’21’’3, devant Monique Loubet, 2’23’’2, et Jacqueline Dufour, 2’23’’8. A l’époque, seul Hélène Fize avec 2’21’’2 a fait mieux en France que la championne en titre, qui a aussi remporté le national de cross durant l’hiver. Dufour a aussi été championne de France du 800 m en 1942. L’addition de leurs meilleurs temps de la saison, inférieure à 7’10’’, incite à l’optimisme mais nous sommes en fin de saison et elles vont courir seules ce relais.
Ces conditions ne vont cependant pas remettre en cause la tentative et celle-ci va être couronnée de succès. A l’arrivée, les trois chronos officiels affichent 7’15’’6, 7’15’’7 et 7’15’’7 mais les règles en vigueur à l’époque vont retenir 7’15’’8 pour ce nouveau record du monde. Il tiendra jusqu’en 1949, même si des équipes soviétiques auraient pu prétendre à une ratification, mais l’IAAF ne reconnaîtra pas leurs performances. Si la Marseillaise Loubet ne laissera pas d’autre trace dans les annales nationales, la Tourangelle Delépine sera encore deux fois titrée en cross et la Parisienne Dufour, qui avait connu une sélection en 1939 et une victoire contre la Belgique, retrouvera le titre du 800 m en 1944 avant d’échouer de peu contre le record de France en 1945 avec 2’21’’6 (Crédit photo : L’Auto).

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